Tableau 2:

Sommaire des données probantes à l’appui des recommandations relatives aux populations à immuniser en priorité contre la COVID-19

Recommandations relatives aux populations à immuniser en priorité contre la COVID19*Sommaire des meilleures données probantes disponibles et justification de la recommandation consensuelle
Personnes fortement à risque de développer une forme grave de la COVID-19 ou d’en mourir:
  • Âge avancé

  • Aux prises avec d’autres problèmes de santé à risque (à définir à mesure que les données probantes évolueront)

  • Il existe des associations indépendantes, étroites ou importantes, entre les cas de forme grave de la COVID-19, l’âge avancé et la présence de certains problèmes de santé à haut risque (19). Il existe une certitude modérée quant à une association très étroite ou très importante des hospitalisations et des décès, particulièrement chez les plus de 70 ans (c. âge ≤ 45 ans) et une faible certitude quant à une association étroite ou importante des hospitalisations ou des décès avec certains problèmes de santé à haut risque (tableau 1) (19). Les études tenant compte de l’âge sur un continuum ou par petits paliers ont toutes observé que le risque d’hospitalisation et de décès était proportionnel à l’âge (p. ex., environ 2 %–6 % et 5 %–10 % d’augmentation relative du risque par année, respectivement) (19).

  • Les données épidémiologiques canadiennes actuelles ont montré que l’hospitalisation, l’admission dans une unité de soins intensifs (USI) et le taux de mortalité due à la COVID-19 augmentent avec l’âge, et que les personnes souffrant de certains problèmes de santé sous-jacents sont plus à risque à l’égard d’une forme grave de COVID-19 (20).

  • Les groupes d’experts et les défenseurs des patients et des communautés (21), de même que le public canadien (13), classent au premier rang une stratégie d’immunisation visant à protéger les plus vulnérables contre une forme grave de la COVID-19 ou d’un décès en découlant dans le contexte d’un approvisionnement limité en vaccins.

  • La plupart des Canadiens et Canadiennes ont classé les personnes souffrant de problèmes de santé préexistants (57 %) et les personnes âgées (53 %) parmi les groupes prioritaires pour la vaccination anti-SRAS-CoV-2 si les approvisionnements sont limités (12). Sur une liste de groupes spécifiques prioritaires en vue du vaccin, 19 % et 12 % respectivement ont classé parmi les groupes prioritaires (13) ceux qui souffrent de problèmes de santé à haut risque et les adultes âgés.

  • La population canadienne âgée est nettement plus disposée que les jeunes du pays à recevoir un vaccin anti-SRAS-CoV-2 efficace recommandé (12), (13), (15) et ceux qui ont 35 ans et plus et qui souffrent d’« une forme grave de maladie chronique » sont relativement plus disposés à obtenir un vaccin anti-SRAS-CoV-2 efficace recommandé (12), (13).

Personnes les plus susceptibles de transmettre la COVID-19 aux personnes risquant fortement de développer une forme grave de la maladie ou d’en mourir et travailleurs essentiels au maintien de la réponse à la COVID-19
  • Professionnels de la santé, préposés aux soins personnels et soignants des établissements de soins de longue durée ou d’autres établissements collectifs de soins aux personnes âgées

  • Autres travailleurs essentiels à la gestion de la réponse à la COVID-19 ou fournissant des soins de première ligne aux patients atteints de COVID-19

  • Membres du même foyer que les personnes risquant fortement de développer une forme grave de la COVID-19 ou d’en mourir

  • Au Canada, les établissements de soins de longue durée ont été nombreux à connaître des éclosions associées à un nombre élevé de décès (20).

  • La vaccination du personnel soignant, des préposés personnels aux soins et autres travailleurs offrant des soins en première ligne les protège directement contre l’infection à SRAS-CoV-2 et pourrait indirectement protéger leurs patients et la capacité des systèmes de santé.

  • Même si les travailleurs de la santé en première ligne et autres qui maintiennent la capacité des systèmes de santé (p. ex., premiers répondants) sont plus exposés au SRAS-CoV-2, plus à risque de le transmettre à des individus à haut risque, ils pourraient avoir un meilleur accès à l’équipement de protection individuelle, une meilleure formation quant à son utilisation et un meilleur accès aux mesures de prévention et de réponse à l’infection, de sorte que leur risque d’exposition pourrait être substantiellement moindre que celui d’autres groupes. La protection contre l’infection au SRAS-CoV-2 a été démontrée chez des travailleurs de la santé avec l’utilisation de l’EPI (22), (23).

  • L’immunisation des travailleurs de la santé et autres cosoignants réduit le fardeau disproportionné chez ceux qui prennent des risques additionnels afin de protéger le public.

  • L’absentéisme pour cause de maladie ou de risque perçu de maladie causée par la COVID-19 chez les travailleurs de la santé et autres intervenants essentiels à la réponse à la COVID-19 (p. ex., gestion des éclosions, analyses de laboratoire, vaccination) peut compromettre la capacité des systèmes de soins de santé et la gestion de la réponse à la COVID-19.

  • Les groupes d’experts et les défenseurs des patients et des communautés (21), de même que le public canadien (13), placent au second rang des priorités une stratégie d’immunisation visant à protéger la capacité des systèmes de santé et au troisième rang, une stratégie d’immunisation visant à réduire le risque de transmission de la COVID-19 dans le contexte d’un approvisionnement limité en vaccins.

  • 22 % des Canadiens et Canadiennes considèrent que les « travailleurs de la santé » sont une population prioritaire pour la vaccination en cas de pénurie des vaccins contre le SRAS-CoV-2 (12). Parmi une liste de groupes spécifiques à vacciner en priorité, les « travailleurs de la santé » se sont le plus souvent classés au premier rang par la plupart des répondants canadiens (40 %) (13).

  • L’immunisation de celles et ceux qui peuvent transmettre le SRAS-CoV-2 à des personnes à risque de développer une forme grave de la COVID-19 ou d’en mourir pourrait indirectement protéger les personnes à risque (si le vaccin est efficace à freiner la transmission), ce qui pourrait se révéler particulièrement important si les caractéristiques des vaccins ne sont pas favorables aux populations à haut risque.

Personnes indispensables au maintien des autres services essentiels au fonctionnement de la société (à définir, établir la priorité et orienter par des discussions fédérales, provinciales et territoriales)
  • Certaines personnes pour qui le télétravail est exclu pourraient être plus exposées au SRAS-CoV-2.

  • Dans le contexte de la pandémie de COVID-19, les services déclarés essentiels varient d’une région à l’autre au Canada. On dispose d’orientations sur les services et rôles essentiels durant la pandémie de COVID-19, notamment des listes publiées par les provinces et territoires (24).

  • Les provinces et territoires se sont exprimés en faveur d’une approche harmonisée à l’établissement des priorités d’immunisation pour les services essentiels. Les organismes de santé fédéraux, provinciaux et territoriaux appropriés participeront aux discussions sur l’établissement des priorités de la vaccination.

  • L’immunisation de cette population réduit le fardeau disproportionné chez les personnes qui prennent des risques additionnels pour maintenir les services essentiels au fonctionnement de la société.

  • L’absentéisme pour cause de maladie ou de risque perçu de maladie causée par la COVID-19 chez certains travailleurs qui ne peuvent pas faire de télétravail pourrait compromettre les services essentiels.

  • Des groupes d’experts et des défenseurs des patients et des communautés (21), de même que le public canadien (13), classent au quatrième rang des priorités une stratégie d’immunisation visant à protéger les infrastructures essentielles dans le contexte d’un approvisionnement limité en vaccins.

  • 18 % des Canadiens et Canadiennes considèrent que « les travailleurs de première ligne ou essentiels » forment une population clé à immuniser en priorité en cas de pénurie de vaccins anti-SRAS-CoV-2 (12).

Personnes à risque élevé d’infection en raison de leurs conditions de vie ou de travail et dans des environnements où l’infection pourrait avoir des conséquences disproportionnées, y compris les communautés autochtones (à définir selon l’épidémiologie de la COVID-19 et les données probantes provenant de pandémies précédentes)
  • Au Canada, un nombre plus élevé d’éclosions ou de concentrations de cas de COVID-19 a été enregistré dans certains établissements (p. ex., établissements correctionnels), milieux de travail (p. ex., installations agricoles ou de production abattoirs et découpe de viande) et milieux de vie collectifs (p. ex., refuges, hébergement pour travailleurs migrants) (20).

  • Le risque de transmission est élevé dans ces milieux où l’éloignement physique et autres mesures de prévention et de contrôle des infections sont difficiles à appliquer, et où les individus pourraient être incapables de se protéger eux-mêmes adéquatement contre l’infection. Ce risque accru pourrait s’étendre à d’autres milieux lors d’un déconfinement.

  • Les populations éloignées ou isolées ou les milieux de vie collectifs pourraient ne pas avoir facilement accès à une infrastructure suffisante en matière de soins de santé. Par conséquent, le risque de décès et de perturbation sociale est proportionnellement plus élevé, car la réponse à la maladie dans la communauté pourrait être sous-optimale.

  • Les communautés autochtones ont déjà été affectées de manière disproportionnée lors des pandémies antérieures (p. ex., grippe H1N1 en 2009) et requièrent que l’on porte une attention spéciale aux enjeux d’équité, de faisabilité et d’acceptabilité.

  • Remarque : COVID-19 = maladie à coronavirus 2019, EPI = équipement de protection individuelle, SRAS-CoV-2 = coronavirus du syndrome respiratoire aigu sévère 2.

  • * L’ordre n’indique pas la priorité.