Tableau 3:

Sommaire des données probantes à l’appui des recommandations relatives aux principes directeurs applicables à la prise de décision à l’échelle des programmes de santé publique pour un programme d’immunisation contre la COVID-19

Principes directeurs recommandés pour les prises de décision*Sommaire des meilleures données probantes disponibles et justification de la recommandation consensuelle
Des efforts sont à faire pour améliorer l’accès aux services de vaccination afin de réduire les iniquités en matière de santé sans aggraver la stigmatisation ou la discrimination, et pour faire participer les populations systématiquement marginalisées et racialisées à la planification des programmes d’immunisation (voir la Matrice d’équité du CCNI, annexe D de la ligne directrice intégrale).
  • Les iniquités en matière de santé sont en partie causées par des différences d’accessibilité aux soins de santé, et d’exposition, de sensibilité aux maladies infectieuses ou de gravité de ces dernières (voir Matrice d’équité, annexe D de la ligne directrice intégrale). Des interventions visant à réduire ces iniquités plutôt qu’à les potentialiser par une stigmatisation ou une discrimination accrues devraient être mises en place dans le cadre de tout programme d’immunisation.

  • Comme dans tout autre programme d’immunisation, des efforts sont à faire pour s’assurer de tenir compte des besoins des différents groupes en fonction de leur état de santé, de leur origine ethnique ou de leur culture, de leur capacité et autres facteurs socioéconomiques et démographiques susceptibles de fragiliser les individus (p. ex., fragilité aux plans professionnel, social, économique ou biologique). Ces efforts devraient inclure l’intégration des valeurs et préférences de ces populations dans la planification des programmes de vaccination et le développement des capacités pour assurer un accès pratique aux services de vaccination.

  • On dispose de données probantes sur des associations indépendantes étroites ou importantes de la COVID-19 avec la race ou l’origine ethnique (faible certitude des données probantes pour les hospitalisations ou les décès), un statut socioéconomique précaire (faible certitude des données probantes pour les hospitalisations), l’itinérance (faible certitude de données probantes pour les hospitalisations), et le fait d’être de sexe masculin (certitude modérée des données probantes pour les hospitalisations) (19).

  • De nombreuses éclosions ont été rapportées dans les communautés rurales et éloignées au Canada (20).

  • De nombreuses éclosions ont été rapportées dans les milieux agricoles, y compris ceux qui offrent l’hébergement aux travailleurs migrants (20).

  • Les Canadiens et Canadiennes des minorités visibles et autochtones semblent moins disposés que les minorités non visibles à recevoir un vaccin anti-SRAS-CoV-2 efficace qui serait recommandé (12). Les raisons de leur hésitation à se faire vacciner sont multifactorielles.

  • Même si on n’a pas observé de différences significatives dans la volonté de se faire vacciner contre le SRAS-CoV-2 selon le sexe ou le statut socioéconomique, la couverture vaccinale (12), (13) a eu tendance à être moindre chez les hommes et dans les groupes socioéconomiques inférieurs pour les maladies évitables par la vaccination au sujet desquelles il existe des données nationales (25).

  • Des exemples d’interventions visant à faire participer les communautés et à aplanir les obstacles à l’accès au vaccin, résumés dans la Matrice d’équité (annexe D de la ligne directrice intégrale), permettraient de réduire les iniquités.

  • Le principe d’équité incite à prendre en compte les disparités sanitaires et économiques et à assurer une juste attribution des ressources.

Les autorités devraient commencer à planifier la mise en œuvre d’un programme d’immunisation contre la COVID-19 incluant la surveillance rapide de l’innocuité, de l’efficacité des vaccins et de la protection conférée dans les principales populations, ainsi que l’immunisation efficiente et efficace des populations dans les communautés éloignées et isolées (voir Matrice de faisabilité, annexe E de la ligne directrice intégrale).
  • Les analyses de faisabilité effectuées par les parties intéressées ont permis de repérer plusieurs difficultés nécessitant une planification avancée et des combinaisons complexes de modèles d’administration des programmes et de déploiement des vaccins au Canada.

  • La planification est nécessaire pour résoudre les problèmes propres à un éventuel programme d’immunisation contre la COVID-19 (p. ex., stockage et diffusion de nouvelles technologies de vaccination dans différents sites d’administration des vaccins, ressources humaines pour l’administration des vaccins, communication, formation, saisie des données, dépistage de la COVID-19, gestion des fournitures, planification opérationnelle, etc.), ainsi que pour l’intégration ou l’amélioration des programmes existants (p. ex., registres, surveillance, déclaration des effets indésirables).

  • Il sera essentiel de surveiller rapidement l’innocuité et l’efficacité des vaccins et la protection conférée dans des populations clés potentiellement différentes.

  • Il ne sera pas facile de réaliser la faisabilité d’une immunisation séquentielle pour une diversité de populations clés dans les communautés éloignées et isolées. Le déploiement du vaccin dans des communautés entières pourrait être plus efficient et efficace.

Des efforts sont à faire pour sensibiliser davantage le grand public sur les bienfaits des vaccins en général, ainsi que sur les vaccins contre la COVID-19 en particulier une fois ces derniers disponibles; pour lutter contre la désinformation concernant l’immunisation et pour communiquer de manière transparente sur les décisions d’attribution des vaccins contre la COVID-19 (voir Matrice d’acceptabilité, annexe F de la ligne directrice intégrale).
  • La volonté de recevoir un vaccin anti-SRAS-CoV-2 sans danger et efficace a diminué au Canada (de 71 % en avril à 61 % en août 2020) (9). Les raisons les plus fréquemment invoquées pour s’opposer à la vaccination anti-SRAS-CoV-2 selon différentes enquêtes canadiennes sont les inquiétudes concernant l’innocuité et la méfiance à l’endroit des nouveaux vaccins contre la COVID-19 (12) (15).

  • Considérée par l’OMS comme l’un des 10 principales menaces pour la santé à l’échelle mondiale en 2019, l’hésitation à l’égard des vaccins pourrait limiter le succès d’un programme d’immunisation contre la COVID-19. Les principales raisons de la réticence à l’égard de la vaccination sont la complaisance, l’accès peu pratique aux vaccins et la méfiance (16).

  • Des efforts sont à faire pour réduire la complaisance, rendre l’accès aux vaccins plus pratique et renforcer la confiance et la sensibilisation à l’égard de la vaccination dans le grand public, dans les principales populations à immuniser en priorité contre la COVID-19 et parmi les professionnels de la santé. Une communication transparente et claire sur les essais vaccinaux, la pharmacovigilance (26) et les décisions entourant l’attribution des vaccins est importante afin de maintenir la confiance et améliorer l’accès aux vaccins pour les principales populations.

  • En général, le fait de recevoir une recommandation d’un professionnel de la santé ou d’être en contact avec lui est lié à une meilleure acceptabilité du vaccin (17) et une recommandation d’un comité d’experts constitue un facteur important pour inciter ces derniers à recommander un vaccin (18).

  • Remarque : CCNI = Comité consultatif national sur l’immunisation, COVID-19 = maladie à coronavirus 2019, OMS = Organisation mondiale de la santé, SRAS-CoV-2 = coronavirus du syndrome respiratoire aigu sévère 2.

  • * L’ordre n’indique pas la priorité.